La nécropole du Clos de Vendeuil

L’agglomération antique semble abandonnée au tout début du VIe s. ap. J.-C. Ses derniers occupants vont alors migrer à quelques centaines de mètres au nord-ouest de l’ancienne ville.

Ce déplacement de l’occupation a donné naissance au village actuel de Vendeuil. La première mention écrite de ce pagus vindiolensis apparaît dans le testament d’Adhalardus en faveur de l’Abbaye de Saint-Denis en 766.

Il est possible qu’un monument antique ait servi de point de fixation à cette nouvelle occupation, mais nous ne disposons d’aucun élément l’attestant.

La trace matérielle du village médiéval est l’existence d’un cimetière du haut Moyen-Âge autour de l’église actuelle, au lieu-dit « Le Clos de Vendeuil ».

Dès les premières décennies du XIXe siècle, il est fait mention de la découverte de sarcophages dans ce secteur.
Des sondages, sous la direction de A. Pourcelle, ont eu lieu en 1970, à la suite de la mise au jour de deux sarcophages lors de la construction de caveaux dans l’enceinte du cimetière actuel.

Trois campagnes sont ensuite entreprises de 1986 à 1988, sous la direction de D. Piton, permettant la fouille de 215 inhumations, qui s’ajoutent aux 7 de 1970, sur une surface de 600m2.
Les datations les plus anciennes nous orientent vers un début d’utilisation du cimetière aux alentours des années 530-540. Les sépultures les plus récentes semblent dater de la fin du VIIIe-début du IXe siècle. Cependant, la totalité de cette aire sépulcrale n’a pas été dégagée et ces datations n’ont été établies qu’à partir des sépultures fouillées.

Ces inhumations ont livré un matériel abondant : récipients en terre cuite et en verre, outils, armes, bijoux, éléments liés à l’habillement et ustensiles de la vie quotidienne. 

Un objet se distingue tout particulièrement : une corne en verre retrouvée au sein de la sépulture 52. Il s’agit d’un encrier d’excellente facture, bien que très altéré. La dévitrification observée s’explique par le fait que nous avons affaire à un verre potassique, ce qui est un élément important pour la datation de la tombe, puisque l’utilisation de cette technique n’apparaît pas avant la fin du VIIIe-tout début du IXe siècle.
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Vue des fouilles de la nécropole du Clos de Vendeuil, 1986-1988

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Corne encrier, verre, Clos de Vendeuil, IXe siècle

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Inhumations en sarcophage réemployé, sépultures 9 et 9A, nécropole du Clos de Vendeuil