Les fouilles programmées
Depuis 2020, le service archéologique de la Communauté de Communes de l’Oise Picarde (MAPPI) a en charge la réalisation des fouilles programmées sur le site de l’agglomération antique de Vendeuil-Caply. Il pilote également un Programme Collectif de Recherche (PCR) portant sur la ville gallo-romaine.
Les campagnes de fouilles, en général d’une durée de 4 semaines chaque année, permettent d’accueillir des étudiants issus de nombreuses universités, ce qui est l’occasion pour une partie d’entre eux d’effectuer des stages s’inscrivant dans leur cursus universitaire. Un des objectifs de ce chantier école est de contribuer à la formation d’éventuels futurs professionnels de l’archéologie en les initiant aux diverses techniques qu’ils devront mettre en œuvre sur les différents chantiers où ils seront amenés à travailler.
Ces campagnes sont également l’occasion pour des habitants des alentours de participer à la fouille, en tant que bénévoles, devenant ainsi acteurs du développement culturel du territoire. Plusieurs critères président au choix du secteur qui est investigué chaque année. Il doit en premier lieu répondre à une problématique scientifique. Il est ensuite nécessaire d’obtenir l’autorisation du propriétaire de la zone où nous souhaitons fouiller, et de l’exploitant agricole si celui-ci est différent, la quasi-totalité de la surface estimée de l’agglomération antique étant occupée par des parcelles privées et mises en culture.
Ces interventions s’intègrent dans le PCR, qui rassemble des chercheurs issus de plusieurs structures. Les analyses de ces différents spécialistes ont pour but de tenter d’obtenir un maximum d’informations sur la ville antique et, ainsi, de contribuer à l’analyse du fait urbain en Gaule septentrionale.
Ces réflexions portent autant sur l’organisation spatiale de l’agglomération et son évolution, que sur les phases chronologiques (qui peuvent être différentes selon où on se trouve au sein de la ville), les éléments architecturaux et les décors des différents bâtiments, publics et privés, et le mobilier (vases, petits objets en métal, os, verre, terre cuite, objets qui vont par ailleurs enrichir les collections du Musée Archéologique de l’Oise).
S’y ajoutent des travaux portant sur les monuments publics, notamment le Grand Théâtre et son décor. Autant d’études qui, à terme, devraient nous permettre de comprendre pourquoi une ville de cette importance, créée au début de notre ère, a été implantée dans ce secteur, et, à l’opposé, ce qui a mené à son abandon, sans doute déjà amorcé depuis des décennies, au début du VIe s. ap. J.-C. et au déplacement de l’occupation humaine au niveau de l’actuel village de Vendeuil. Par ailleurs, la reprise des résultats et des archives des fouilles qui se sont déroulées sur le site depuis les années 1950 constitue une part importante du travail.
Fouilles programmées de Vendeuil - 2025
Fouilles programmées de Vendeuil - 2025
La campagne de fouille programmée de 2025
La campagne a essentiellement consisté en un agrandissement, vers l’ouest, de la zone décapée en 2024. Les deux opérations sont donc intimement liées. De plus, un petit sondage a été effectué à l’emplacement supposé de la voie reliant Beauvais à Paillart afin d’obtenir un aperçu de sa localisation exacte, de son état de conservation ainsi que des matériaux qui la composent. Cette campagne a donc permis de compléter les informations obtenues l’année précédente.
De nouvelles propriétés ont été mises en évidence, parcelles qui ont livré, une fois encore, de nombreuses structures en creux. Contrairement à 2024, deux caves et un cellier étaient dotés de maçonneries. Deux de ces structures enterrées ont été intégralement fouillées ; bien que n’appartenant pas à la même parcelle et n’étant pas contemporaines, elles ont connu une fin similaire. En effet, le cellier a été abandonné au début du IIe s. ap. J.-C. après qu’un de ses murs se soit affaissé à la suite du tassement du comblement d’une grande fosse antérieure. C’est en raison de l’effondrement d’une de ses maçonneries que la cave a, quant à elle, été abandonnée, sans doute autour des années 270 ap. J.-C., après une restructuration au début du IIIe s. ap. J.-C.
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Cellier
Cave
La campagne de fouille programmée de 2024
Ce sont 240 m2 qui ont été explorés lors de la campagne de fouille programmée de 2024, à quelques dizaines de mètres à l’ouest du Grand Théâtre. Elle a permis d’observer un secteur de la ville occupé depuis l’époque augustéenne, jusqu’à son abandon, au plus tôt au milieu du IVe s. ap. J.-C.
Plusieurs parcelles ont été mises en évidence. Elles étaient sans doute occupées par une population au niveau social intermédiaire, peut-être des artisans et/ou des commerçants. Ce secteur est très arasé et la fouille a essentiellement livré des structures en creux : trous de poteaux matérialisant des bâtiments, puits, caves etc. … Cette campagne a confirmé la densité très importante de puits et de caves au sein de l’agglomération antique. Très peu de structures maçonnées ont été dégagées, à l’exception de latrines, ou une glacière, datant du début de notre ère. Les caves n’étaient pas dotées des habituels murs composés de moellons de craie.
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Latrine ou glacière
Cave
La campagne de fouille programmée de 2023
La campagne de 2023 a été l’occasion de sonder quelques mètres carrés de parcelles correspondant à des propriétés privées occupées au moins jusqu’au début du IVe s. ap. J.-C. Plusieurs caves et puits y ont été mis au jour. Elle a également permis de dégager quelques éléments de la façade d’un vaste édifice situé au cœur de l’agglomération, à quelques dizaines de mètres à l’est du Grand Théâtre.
La présence de cet ensemble, couvrant une superficie d’environ 2250 m2, avait été mise en évidence grâce à de nombreuses photographies aériennes et, là encore, par les prospections géophysiques. Ce vaste édifice a été interprété comme pouvant être un macellum daté du IIIe s. ap. J.-C., mais il ne s’agit pour le moment que d’une hypothèse de travail. Ce type de bâtiment était un marché (viandes et légumes) mais pouvait également abriter les locaux de l’administration publique contrôlant les poids et mesures. Il s’ouvrait, au nord, sur une vaste esplanade de 22 m de large. Il était longé, à l’est, par une rue permettant sans doute d’accéder aux monuments localisés sur le Mont Câtelet.
Cet axe de circulation était doté d’un équipement rarement mis en évidence dans nos contrées. En effet, les rues sont habituellement constituées de recharges de craie et de silex. Or, et c’est également le cas pour une rue arrivant de l’ouest, sa dernière bande de roulement était composée de dalles en grès. Cet aménagement, assez exceptionnel, témoigne de la volonté d’apporter un soin tout particulier à l’environnement immédiat d’un bâtiment public important.
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Maçonneries
Sol
La campagne de fouille programmée de 2022
La campagne de 2022 a été l’occasion d’explorer l’angle sud-ouest d’un vaste édifice repéré grâce aux photographies aériennes, notamment celles de Roger Agache. Les prospections géophysiques, plus récentes, en ont confirmé la présence et l’importance.
Ce bâtiment, localisé au sud-ouest de l’agglomération antique et qui couvre une superficie de 7200 m2, correspond à un vaste sanctuaire urbain au plan assez classique. La surface de cet édifice à vocation cultuelle reflète l’importance qu’il devait avoir au sein de la ville. La qualité des maçonneries, sans doute imposantes, en témoigne également. De plus, sa localisation n’est pas due au hasard.
En effet, il se situe légèrement en surplomb de la Vallée Saint-Denis et était par conséquent particulièrement visible de n’importe quel endroit de la ville, mais également depuis la voie reliant Caesaromagus à la voie de l’Océan, que l’on arrive du nord ou du sud.
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Fondations
Angle de mur
La campagne de fouille programmée de 2021
La fouille programmée de 2021 a consisté en l’ouverture de plusieurs tranchées au sud de l’agglomération antique. L’objectif principal était de tenter d’obtenir des informations quant aux limites de la ville. Elle a permis, notamment, la découverte de deux fossés, orientés nord-ouest/sud-est, d’une cave et d’un tronçon de rue s’intégrant au quadrillage urbain. Il est possible que les fossés matérialisent la limite méridionale de l’agglomération, il se peut qu’il ne s’agisse que de simples fossés de drainage, ou les deux à la fois. La portion de rue, sur laquelle ont été découvertes de nombreuses traces d’ornières indiquant une utilisation intensive de cet axe viaire, se dirige vers le nord-est en direction du Grand Théâtre.
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Rues avec ornières
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